Matières, Fantômes
2025The Jardin d’Agronomie Tropicale René-Dumont, in Nogent-sur-Marne (France), is a site haunted by France’s colonial history. Created at the end of the nineteenth century as an experimental garden for colonized territories, it hosted a colonial exhibition in 1907, with pavilions and reconstructed “indigenous villages,” (human zoo) for the arisian public. Some structures remain through time, then several war memorials dedicated to colonial soldiers were erected.
Today, despite partial restoration, the site is marked by decay. Collapsing buildings, overgrown vegetation, and weathered façades create a silent ruin, offered with little contextual explanation. While time seems suspended, the exotic imagination of the colonial exhibition still lingers in the architecture and statuary.
With Matières Fantômes, I explore haunting as a persistence of colonial representation in public space — a memory neither acknowledged nor erased. In a context marked by movements contesting and dismantling colonial statues, the Jardin d’Agronomie Tropicale appears as a site frozen in slow decay, carrying the scars of an unrepaired memory.
Le jardin d’agronomie tropicale René-Dumont, à Nogent-sur-Marne, est un lieu hanté par l’histoire coloniale française. Créé à la fin du XIXe siècle pour expérimenter des cultures agricoles destinées aux territoires colonisés, il accueillit en 1907 une exposition coloniale, avec ses pavillons, ses « villages indigènes » reconstitués et exhibés pour divertir le public parisien. Certaines structures furent pérennisées comme le pavillon de l’Indochine qui servit d’hôpital militaire durant la Première Guerre mondiale, et plusieurs monuments aux morts furent érigés à la mémoire des soldats coloniaux.
Aujourd’hui, malgré les édifices abritant la Cité du développement durable, une atmosphère étrange domine. Pavillons effondrés, façades moisies, broussailles envahissantes : les ruines offrent une esthétique silencieuse, livrée avec peu d’explication. Les temporalités s’y brouillent, mais l’imaginaire exotique pensé pour l’Exposition coloniale persiste dans l’architecture et le statuaire.
Avec Matières Fantômes, je cherche à mettre en image cette hantise —continuité coloniale dans l’espace public— mémoire en suspens, ni assumée ni effacée. Ce ne sont plus seulement les objets muséifiés qui portent l’effacement des cultures colonisées, mais aussi ces ruines à l’abandon, hantées par l’histoire et livrées au silence. Dans un contexte marqué par les mouvements de contestation et de déboulonnage de statues, le jardin d’agronomie tropicale apparaît comme un lieu figé dans sa lente dégradation, portant les stigmates d’une histoire non réparée.
Today, despite partial restoration, the site is marked by decay. Collapsing buildings, overgrown vegetation, and weathered façades create a silent ruin, offered with little contextual explanation. While time seems suspended, the exotic imagination of the colonial exhibition still lingers in the architecture and statuary.
With Matières Fantômes, I explore haunting as a persistence of colonial representation in public space — a memory neither acknowledged nor erased. In a context marked by movements contesting and dismantling colonial statues, the Jardin d’Agronomie Tropicale appears as a site frozen in slow decay, carrying the scars of an unrepaired memory.
Le jardin d’agronomie tropicale René-Dumont, à Nogent-sur-Marne, est un lieu hanté par l’histoire coloniale française. Créé à la fin du XIXe siècle pour expérimenter des cultures agricoles destinées aux territoires colonisés, il accueillit en 1907 une exposition coloniale, avec ses pavillons, ses « villages indigènes » reconstitués et exhibés pour divertir le public parisien. Certaines structures furent pérennisées comme le pavillon de l’Indochine qui servit d’hôpital militaire durant la Première Guerre mondiale, et plusieurs monuments aux morts furent érigés à la mémoire des soldats coloniaux.
Aujourd’hui, malgré les édifices abritant la Cité du développement durable, une atmosphère étrange domine. Pavillons effondrés, façades moisies, broussailles envahissantes : les ruines offrent une esthétique silencieuse, livrée avec peu d’explication. Les temporalités s’y brouillent, mais l’imaginaire exotique pensé pour l’Exposition coloniale persiste dans l’architecture et le statuaire.
Avec Matières Fantômes, je cherche à mettre en image cette hantise —continuité coloniale dans l’espace public— mémoire en suspens, ni assumée ni effacée. Ce ne sont plus seulement les objets muséifiés qui portent l’effacement des cultures colonisées, mais aussi ces ruines à l’abandon, hantées par l’histoire et livrées au silence. Dans un contexte marqué par les mouvements de contestation et de déboulonnage de statues, le jardin d’agronomie tropicale apparaît comme un lieu figé dans sa lente dégradation, portant les stigmates d’une histoire non réparée.